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"Grand oral" à haut risque pour Barnier à l'Assemblée nationale
information fournie par Reuters 01/10/2024 à 12:20

Le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, à Paris

Le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, à Paris

par Elizabeth Pineau

Le nouveau Premier ministre français, Michel Barnier, prononce ce mardi son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, un exercice à haut risque dans un contexte de fragmentation politique et de disette budgétaire.

Hausse des impôts, économies tous azimuts alors que le déficit public pourrait atteindre 6% du produit intérieur brut (PIB) cette année, immigration sur fond de pression de l'extrême droite figurent au nombre des thèmes brûlants sur lesquels est attendu l'ancien émissaire européen, âgé de 73 ans, dont les talents de négociateur sont plus que jamais mis à l'épreuve.

"Je veux que l'effort soit juste. Maîtriser les dépenses publiques, ça veut dire que l'Etat doit dépenser moins, dépenser mieux", dit Michel Barnier dans un entretien publié samedi dans le Journal de Saône-et-Loire avant une visite à Mâcon.

En matière de fiscalité, "je protégerai de toute augmentation fiscale ceux qui sont sur le terrain, qui travaillent, qui produisent. Nous allons faire appel de manière exceptionnelle à ceux qui peuvent contribuer", a ajouté le Premier ministre dont le propos sera nourri des idées égrainées lors du séminaire gouvernemental organisé vendredi à Matignon.

Selon les informations de plusieurs médias dont Le Monde, il envisage entre autres de prélever huit milliards d'euros sur les grands groupes et de taxer les rachats d'actions. Le Parisien évoque mardi un projet de "choc fiscal" qui permettrait à l’État de dégager entre 15 milliards et 18 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Le Premier ministre compte aussi reporter l’objectif de ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) de 2027 à 2029, ajoute le quotidien.

Matignon n'avait pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires de Reuters.

Le camp présidentiel, allié de Michel Barnier au gouvernement, est opposé à toute hausse d'impôt, qui fut la marque du "macronisme" ces sept dernières années.

En lançant dimanche à Tourcoing (Nord) son mouvement politique "Populaires", l'ex-ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a rappelé son opposition à cette hypothèse, également rejetée par l'ancien Premier ministre devenu patron des députés Ensemble pour la République (EPR), Gabriel Attal.

"Toute hausse d'impôts qui se ferait sur le dos des ménages des Français est évidemment, pour moi, pour les députés de mon groupe, une ligne rouge", a réaffirmé mardi la député EPR Aurore Bergé sur franceinfo.

SÉCURITÉ ET POLITIQUE MIGRATOIRE

Outre les finances publiques, Michel Barnier est attendu sur la sécurité et la politique migratoire, thèmes sur lesquels le nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a tenu un discours très ferme, approuvé par l'extrême droite mais qui suscite un certain malaise dans le camp présidentiel.

Chantre du "rétablissement de l'ordre", le sénateur vendéen veut augmenter la durée de rétention des personnes soumises à une obligation de quitter le territoire français, revoir l'Aide médicale d'Etat ouverte aux étrangers en situation irrégulière et il se dit favorable à un référendum sur l'immigration.

Ses propos sur l'Etat de droit, qu'il a qualifié dans un entretien au Journal du Dimanche de ni "intangible, ni sacré", ont aussi fait réagir. Bruno Retailleau a dit regretter de "faux débats" dans un communiqué publié mardi, à quelques heures du discours du Premier ministre à l'Assemblée nationale.

C'est à 15h00, heure de Paris, que Michel Barnier prendra la parole devant les 577 députés issus des élections anticipées décidées par le chef de l'Etat désormais concentré sur la politique étrangère, à l'heure où s'embrase le Proche-Orient.

Ce qui ne l'a pas empêché de s'informer des intentions du chef du gouvernement lors d'une rencontre lundi matin à l'Elysée.

La coalition de gauche Nouveau Front populaire (NFP) a prévu de dégainer sans tarder une motion de censure qui n'a guère de chance d'être votée. Sur LCI, la présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale Mathilde Panot n'a pas exclu un possible "coup d'éclat" de sa formation dans l'hémicycle.

"Vous verrez", a-t-elle dit dans un sourire, interrogée mardi à ce sujet.

Plusieurs manifestations sont par ailleurs prévues dans toute la France à partir de la mi-journée à l'appel de plusieurs syndicats pour réclamer au gouvernement une hausse des salaires et l'abrogation de la réforme des retraites.

De son côté, le Rassemblement national n'envisage aucun veto "a priori" tout en brandissant la menace de faire tomber le gouvernement si sa politique ne lui convient pas.

Forte de 142 députés, alliés compris, qui lui permet de jouer un rôle d'arbitre au Palais-Bourbon, l'extrême droite entre dans une période troublée avec le procès pour détournement de fonds européens qui s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris. Marine Le Pen, qui fait partie des prévenus, risque une peine d'inéligibilité.

Michel Barnier prendra la parole mercredi au Sénat où la droite républicaine, sa famille politique, est majoritaire.

(Reportage Elizabeth Pineau, édité par Kate Entringer et Blandine Hénault)

9 commentaires

  • 01 octobre 12:56

    Une fois que l on aura recuperé des recettes , on continuera à creuser les deficits voir à attaquer ce qui marche ... on sait tous que la retraite du privé fait des excedents comme l assurance chomage ... c est pas des systemes genereux ... la question on s occupe qd des departs à la SNCF à 52 ou 57 ans , on reforme qd la retraite des elus , on en parle des migrants qui sont logés à l hotel ... on en parle de l immigration avec 5.4 millions de demandeurs d emplois ..


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